L’épidémie des sons et lumières par Carole Fontaine, juin 2015

L’épidémie de sons et lumières en France à mesure que les festivals s’annulent est un exemple criant du manque de considération de l’Etat et des municipalités à l’égard du spectacle vivant et de ceux qui le font.

La mode est au patrimoine éclairé (comme si ça ne suffisait pas de le restaurer), à un art de façades, aux spectacles déshumanisés à revoir chaque soir sans risquer la moindre surprise tant l’artiste et son contrat social sont exclus de la place publique au motif d’intérêts économiques et touristiques.

A Nancy par exemple, de lumineux zonzons indiquent au public où poser le regard sur les bâtisses de la place Stanislas, tandis que la môme Piaf entame son bout de refrain entre deux mesures de Bach et la litanie de la voix off du monsieur qui résume l’histoire de l’humanité de la ville en vingt minutes chrono. Pauvres morts. Budget consacré aux Grands événements en 2014 : 985 998 euros. Aux Associations ? 849 254 euros.

Seul un retour à plus de mixité  entre les collectivités locales et l’Etat, entre les institutions et les compagnies, restaurera notre maillage culturel tout en laissant une forme d’indépendance aux artistes.

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