Information reçue le 9 septembre 2015 Pavillon Mazar/Toulouse en danger

Chers amis,  qui avez fréquenté le « PAVILLON MAZAR »
 
Nous les arlequins, les funambules de la corde sensible, que de moments intenses nous avons vécus (parfois fébriles et désemparés, parfois douloureux, parfois jubilatoires) dans notre grenier à métamorphoses…. (on ne change pas de peau si facilement !)
 
Voilà, après 15 ans  de luttes judiciaires épuisantes, le «Pavillon Mazar» est mis en vente  par nos propriétaires et nous ne pouvons l’acquérir… Nous devons le quitter… Une expertise est en train de se faire…
Elle devrait nous permettre éventuellement de  ravaler notre peine et de «trouver un nouvel endroit » pour pouvoir re-créer une petite fabrique à rêves.

 
Nous avions acquis un Droit au Bail (le droit d’exercer un commerce,  et évidemment nos actes artistiques sont des actes commerciaux, c’est inscrit sur nos licences)
Dans le cas d’un commerce ordinaire le calcul de l’indemnité de fin  bail est évaluée en fonction du chiffre d’affaires….Bien maigre est celui du « Pavillon Mazar » qui a vécu essentiellement de la folle énergie du « Groupe Merci » et des amis qui s’y sont associés. Son entretien  et ses revenus dépendent complètement de la Compagnie et des Chantiers Nomades…Mais évidemment (c’est là dessus qu’il s’agit d’insister) c’est un commerce dont la richesse est particulière. Elle ne se mesure pas qu’en terme de chiffre d’affaires, mais en terme de liens immatériels nécessaires à toute société émancipées. Et que c’est à cela que nous avons travaillé pendant 18 années pour accumuler un drôle de capital , « un capital invisible » : les traces qui resteront dans la mémoire de ceux qui l’ont fréquenté.
Pour l’avocat qui transmettra à l’expert : nous avons besoin (en souvenir de ces moments partagés) de votre témoignage écrit manuscrit sur le formulaire ci jointaccompagné de la photocopie de votre carte d’identité  disant  avec vos mots, et votre cœur, à quel point le « Pavillon Mazar » a été important pour vous : comme lieu de Spectacles d’abord, (si vous y avez été spectateurs). Et de d’écrire comment il a compté  pour votre formation de l’atelier « esprit d’incertitude »ou de stages plus courts. Comment il a favorisé votre séjour aux « Chantiers Nomades » et à leurs présentations publiques (si vous y avez été responsable de chantier ou stagiaire-chercheur) et aussi abrité vos résidences, et aussi comme il a été propice à aux représentations des spectacles dont vous avez été artiste ou technicien )
 
A nous qui préférons les liens aux biens (selon la formule consacrée,)  il nous semble essentiel d’insister pour dire que de tel Théâtre , de tel Laboratoire de formes nouvelles , de tel Incubateur, de tel Lieu-ressource (abritant une grande bibliothèque d’ouvrage théâtraux ) doivent se situer au cœur de la cité,  dans la proximité de la vie,  près des librairies et des musées , dans la proximité d’autres théâtres et de cinémas d’essais.
A l’heure ou les espaces immobiliers font l’objet d’une spéculation effrénée, les artistes et les théâtre d’essais sont contraints à s’exiler dans des banlieues lointaines ou même dans des zones commerciales inhabitées ….c’est bien sûr la lutte de David contre Goliath mais j’aime à croire que parfois la faiblesse l’emporte..
Votre témoignage doit nous parvenir avant le 15 septembre, oui c’est  urgent !

Je vous remercie  au nom de toute l’équipe et vous souhaite plein de bonnes choses….

 

SOLANGE OSWALD ET LE GROUPE MERCI
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